revendre tracent leur sillon. Ils ont foulé de nombreuses scènes et on retient qu’ils ont partagé la scène avec le célèbre Positive Black Soul du non moins célèbre Didier Awadi en mars 2003. "Un jour on vit", leur premier opus tombent dans les bacs à disuqes en 2004. Ils ont également fait la première partie des Negsmarrrons en décembre 2005 à Ouagadougou. Baloukou a aussi participé à des festivals tels les Nuits Atypiques de Koudougou (NAK 2006) et la Semaine Nationale de la Culture (SNC) 2008 à Bobo-Dioulasso. Le nom du groupe, BALOUKOU est le verlan de KOULOUBA, un quartier populaire de Ouagadougou. Ces véritables porte-drapeaux des cultures urbaines y ont tous grandi. C'est au nombre de 6 qu’ils débutent leur idylle avec la musique en 1999, quand le hip hop était toujours sujet à plein de préjugés. Mais avec le soutien de tout le quartier et du chef coutumier sa Majesté le Naaba de Koulouba ils ont tenu le coup. N’ayant pas bénéficié d’un accueil favorable du monde du showbiz, ils prennent le temps de mûrir leurs textes et compositions. Aujourd’hui, La chimère Koun Faya Koun, Ken et La veuve noire AKA BLACK MUSLIM ont mûri musicalement. Baloukou s’inscrit désormais dans une nouvelle tendance musicale basée sur le hip hop. Le groupe opère un retour aux sources pour s’inspirer des sonorités du terroir. Ces jeunes gens après le parcours qui est le leur, ont décidé de créer cette fusion musicale qui donne la place aussi bien aux sonorités urbaines qui les ont bercés qu’aux rythmes traditionnels qu’ils tiennent de leur culture Moaga. Leur nouvel album de huit (08) titres, intitulé « Où va le monde » est sur le marché du disque depuis le 12 avril 2008. Les téléspectateurs ont dû déjà voir les trois clips vidéo qui accompagnent l’oeuvre.
PLANETE CULTURE's Fan Box
Blog d'information générale sur l'actualité au Burkina Faso
lundi 16 février 2009
Baloukou, un hip hop plein de sens
LE GROUPE BALOUKOU En 2001, le groupe BALOUKOU, en raflant la mise aux Hip Hop All Star et Craven «A » Flow, les deux compétitions les plus prestigieuses de l’époque se révèle aux mélomanes Burkinabé. Depuis, ces accros du micro, avec toujours de l’énergie à
revendre tracent leur sillon. Ils ont foulé de nombreuses scènes et on retient qu’ils ont partagé la scène avec le célèbre Positive Black Soul du non moins célèbre Didier Awadi en mars 2003. "Un jour on vit", leur premier opus tombent dans les bacs à disuqes en 2004. Ils ont également fait la première partie des Negsmarrrons en décembre 2005 à Ouagadougou. Baloukou a aussi participé à des festivals tels les Nuits Atypiques de Koudougou (NAK 2006) et la Semaine Nationale de la Culture (SNC) 2008 à Bobo-Dioulasso. Le nom du groupe, BALOUKOU est le verlan de KOULOUBA, un quartier populaire de Ouagadougou. Ces véritables porte-drapeaux des cultures urbaines y ont tous grandi. C'est au nombre de 6 qu’ils débutent leur idylle avec la musique en 1999, quand le hip hop était toujours sujet à plein de préjugés. Mais avec le soutien de tout le quartier et du chef coutumier sa Majesté le Naaba de Koulouba ils ont tenu le coup. N’ayant pas bénéficié d’un accueil favorable du monde du showbiz, ils prennent le temps de mûrir leurs textes et compositions. Aujourd’hui, La chimère Koun Faya Koun, Ken et La veuve noire AKA BLACK MUSLIM ont mûri musicalement. Baloukou s’inscrit désormais dans une nouvelle tendance musicale basée sur le hip hop. Le groupe opère un retour aux sources pour s’inspirer des sonorités du terroir. Ces jeunes gens après le parcours qui est le leur, ont décidé de créer cette fusion musicale qui donne la place aussi bien aux sonorités urbaines qui les ont bercés qu’aux rythmes traditionnels qu’ils tiennent de leur culture Moaga. Leur nouvel album de huit (08) titres, intitulé « Où va le monde » est sur le marché du disque depuis le 12 avril 2008. Les téléspectateurs ont dû déjà voir les trois clips vidéo qui accompagnent l’oeuvre.
revendre tracent leur sillon. Ils ont foulé de nombreuses scènes et on retient qu’ils ont partagé la scène avec le célèbre Positive Black Soul du non moins célèbre Didier Awadi en mars 2003. "Un jour on vit", leur premier opus tombent dans les bacs à disuqes en 2004. Ils ont également fait la première partie des Negsmarrrons en décembre 2005 à Ouagadougou. Baloukou a aussi participé à des festivals tels les Nuits Atypiques de Koudougou (NAK 2006) et la Semaine Nationale de la Culture (SNC) 2008 à Bobo-Dioulasso. Le nom du groupe, BALOUKOU est le verlan de KOULOUBA, un quartier populaire de Ouagadougou. Ces véritables porte-drapeaux des cultures urbaines y ont tous grandi. C'est au nombre de 6 qu’ils débutent leur idylle avec la musique en 1999, quand le hip hop était toujours sujet à plein de préjugés. Mais avec le soutien de tout le quartier et du chef coutumier sa Majesté le Naaba de Koulouba ils ont tenu le coup. N’ayant pas bénéficié d’un accueil favorable du monde du showbiz, ils prennent le temps de mûrir leurs textes et compositions. Aujourd’hui, La chimère Koun Faya Koun, Ken et La veuve noire AKA BLACK MUSLIM ont mûri musicalement. Baloukou s’inscrit désormais dans une nouvelle tendance musicale basée sur le hip hop. Le groupe opère un retour aux sources pour s’inspirer des sonorités du terroir. Ces jeunes gens après le parcours qui est le leur, ont décidé de créer cette fusion musicale qui donne la place aussi bien aux sonorités urbaines qui les ont bercés qu’aux rythmes traditionnels qu’ils tiennent de leur culture Moaga. Leur nouvel album de huit (08) titres, intitulé « Où va le monde » est sur le marché du disque depuis le 12 avril 2008. Les téléspectateurs ont dû déjà voir les trois clips vidéo qui accompagnent l’oeuvre.
Soirée Slam-poésie au CITO
Par Hamidou Valian
Ce dimanche 08 février 2009, la structure KM-Slam a organisé une soirée slam et accoustique au Carrefour International du Théâtre de Ouagadougou (CITO). Il y avait à l’affiche Sadok et les Négroïdes.
Au Faso la Slam continue son petit bonhomme de chemin. Après les atéliers de formation de Waga hip hop et les quelques soirées organisées ça et là, cette discipline du hip hop a trouvé un écho favorable auprès de la jeunesse burkinabè. Ces jeunes commencent à affectionner ces joutes oratoires qui leur rappelent qu’ils sont issues d’une société parole. La structure KM-Slam qui a opté pour la promotion de cette discipline sous nos cieux, n'entend pas rester en marge de cette effervescence poétique.
Ce dimanche, Sadok et le groupe Négroïdes présentés par Basic Soul, pionier du mouvement rap au Faso, ont communié avec leur public.La soirée s’est déroulée en deux étapes. La première partie était entièrement dédiée au slam. Hormi les slammeurs à l'affiche, quelques talents se sont distingués dans le public. Public certes modeste mais qui a réussi a crée un cadre très convivial. C'était l'une de ces soirées où tout le monde est à la fois spectateur et acteur, illustrant le caractère ouvert et accessible des scènes slam. Les prestations étaient en accapela et l'on a vu se succeder au parloir des slammeurs tels que IB Le Che, Mr Soirée, Dou S Lee...
L'animation de la séconde partie de la soirée était à la charge du groupe Négroïdes. A noter que ce groupe figure sur le volume 2 de La part des ténèbres. Les voix des deux leads du groupe étaient portées par des sons de guitare, de tam-tam et de calebasse. C'était un beau voyage musical à travers des rythmes reggae, rap et aussi traditionnel où le Warba était à l'honneur.
KM-Slam qui n'est pas à son premier coup ne compte pas s'arreter là. La structure de Honoré Tiendrébéogo promet d'autres soirées de ce genre pour les jours à venir.
Ce dimanche 08 février 2009, la structure KM-Slam a organisé une soirée slam et accoustique au Carrefour International du Théâtre de Ouagadougou (CITO). Il y avait à l’affiche Sadok et les Négroïdes.
Au Faso la Slam continue son petit bonhomme de chemin. Après les atéliers de formation de Waga hip hop et les quelques soirées organisées ça et là, cette discipline du hip hop a trouvé un écho favorable auprès de la jeunesse burkinabè. Ces jeunes commencent à affectionner ces joutes oratoires qui leur rappelent qu’ils sont issues d’une société parole. La structure KM-Slam qui a opté pour la promotion de cette discipline sous nos cieux, n'entend pas rester en marge de cette effervescence poétique. Ce dimanche, Sadok et le groupe Négroïdes présentés par Basic Soul, pionier du mouvement rap au Faso, ont communié avec leur public.La soirée s’est déroulée en deux étapes. La première partie était entièrement dédiée au slam. Hormi les slammeurs à l'affiche, quelques talents se sont distingués dans le public. Public certes modeste mais qui a réussi a crée un cadre très convivial. C'était l'une de ces soirées où tout le monde est à la fois spectateur et acteur, illustrant le caractère ouvert et accessible des scènes slam. Les prestations étaient en accapela et l'on a vu se succeder au parloir des slammeurs tels que IB Le Che, Mr Soirée, Dou S Lee...
L'animation de la séconde partie de la soirée était à la charge du groupe Négroïdes. A noter que ce groupe figure sur le volume 2 de La part des ténèbres. Les voix des deux leads du groupe étaient portées par des sons de guitare, de tam-tam et de calebasse. C'était un beau voyage musical à travers des rythmes reggae, rap et aussi traditionnel où le Warba était à l'honneur.

KM-Slam qui n'est pas à son premier coup ne compte pas s'arreter là. La structure de Honoré Tiendrébéogo promet d'autres soirées de ce genre pour les jours à venir.
Quartett : Quand le théâtre africain se réapproprie une œuvre européenne
Par Hamidou Valian
Crédit photo Vivien Nomwindé Sawadogo
Les vendredi 6 et samedi 7 février 2009, le CCF/Georges Méliès de Ouagadougou a présenté la version africaine de Quartett de Heiner Müller dans une mise en scène de Fargass Assandé. Après trois mois de résidence de création, Odile Sankara, Fargass Assandé, Mbilé Yaya et Ibrahim Abba, ont partagé le fruit de leur travail avec leur public.
Il est 20h30 lorsqu'une lumière légère, jaune ocre pleut sur le plateau du Grand Méliès. Côté jardin et à l’avant scène, un espace de forme circulaire tapissé par des peaux d'animaux, accueille deux fauteuils d'un design assez particulier. Une table sur laquelle trônent deux coupes et une bouteille de vin rouge sépare les fauteuils. Signes de l'aisance sociale des occupants de cet espace. Côté cour, le décor est sommaire. Seul un tronc d'arbre que le jeu de lumière place derrière des barreaux, sert de meuble.
La Marquise de Merteuil et Le Vicomte de Valmont sont les personnages principaux. Leurs rôles sont respectivement interprétés par Odile Sankara et Fargass Assandé. Ces deux personnages sont à la fois complices et ennemis, leur jeu cache très mal l'amour, la jalousie et l'orgeuil qui les animent. Les plaisirs charnels sont leur passe-temps favoris et pour eux, l’utilité du corps humain ne se limite qu’à cela. Odile Sankara sur scène ne portait que du rouge, signe de passions forte, mais aussi de la permanence d’un danger ou d’une manigance avec son complice de Vicomte. Dans leur quête perpétuelle de nouvelles escapades, l'épouse de Monsieur de Tourvel et la jeune vierge Cécile de Volanges seront des proies. Ces dernières ne résisteront pas au jeu de séduction du Vicomte de Valmont.
Le jeu des acteurs est certes impeccable mais le message reste difficile à cerner. Les spectateurs retiendront sans doute le caractère très érotique de la pièce. Les acteurs miment en effet l'acte sexuel sur scène. Fellation, éjaculation, sodomie... La grande partie du texte appartient au champ lexical du sexe. C'est une sorte d'apologie du libertinage qu'illustrent bien les propos de Valmont « la fidélité est le plus sauvage des dérèglements ». Dans le duel qui oppose Merteuil et Valmont le sexe, le corps de façon générale est constamment tourné en dérision. En témoigne cette phrase de la Marquise: « Qu'avez-vous appris à part manoeuvrer votre queue dans des trous en tout point semblable à celui d'où vous êtes issu ». C'est le peu de peu de pudeur qu'il reste à un peuple en voie d'être occidentalisé qui en prend un coup.
Il faut rappeler que Quartett est à l'origine un roman du français Pierre Choderlos de Laclos intitulé « Les liaisons dangereuses ». A travers cette oeuvre épistolaire paru en 1782, l'auteur stigmatisait le comportement libertin de la classe aristocratique d'antan. Aujourd’hui mise en scène par l'ivoirien Fargass Assandé avec des interprètes burkinabè comme Odile Sankara, la pièce participe, selon le Directeur du CCF, de l'abolition des frontières.
Après Ouagadougou et Bobo-Dioulasso au Burkina Faso, les autres coproducteurs de la pièces que sont le CCF de Bamako, le centre culturel franco-nigérien de Niamey et le Dionysos-la Scène conventionnée de Cahors en France accueilleront le spectacle.
Crédit photo Vivien Nomwindé Sawadogo
Les vendredi 6 et samedi 7 février 2009, le CCF/Georges Méliès de Ouagadougou a présenté la version africaine de Quartett de Heiner Müller dans une mise en scène de Fargass Assandé. Après trois mois de résidence de création, Odile Sankara, Fargass Assandé, Mbilé Yaya et Ibrahim Abba, ont partagé le fruit de leur travail avec leur public.
Il est 20h30 lorsqu'une lumière légère, jaune ocre pleut sur le plateau du Grand Méliès. Côté jardin et à l’avant scène, un espace de forme circulaire tapissé par des peaux d'animaux, accueille deux fauteuils d'un design assez particulier. Une table sur laquelle trônent deux coupes et une bouteille de vin rouge sépare les fauteuils. Signes de l'aisance sociale des occupants de cet espace. Côté cour, le décor est sommaire. Seul un tronc d'arbre que le jeu de lumière place derrière des barreaux, sert de meuble.
Le jeu des acteurs est certes impeccable mais le message reste difficile à cerner. Les spectateurs retiendront sans doute le caractère très érotique de la pièce. Les acteurs miment en effet l'acte sexuel sur scène. Fellation, éjaculation, sodomie... La grande partie du texte appartient au champ lexical du sexe. C'est une sorte d'apologie du libertinage qu'illustrent bien les propos de Valmont « la fidélité est le plus sauvage des dérèglements ». Dans le duel qui oppose Merteuil et Valmont le sexe, le corps de façon générale est constamment tourné en dérision. En témoigne cette phrase de la Marquise: « Qu'avez-vous appris à part manoeuvrer votre queue dans des trous en tout point semblable à celui d'où vous êtes issu ». C'est le peu de peu de pudeur qu'il reste à un peuple en voie d'être occidentalisé qui en prend un coup.
Il faut rappeler que Quartett est à l'origine un roman du français Pierre Choderlos de Laclos intitulé « Les liaisons dangereuses ». A travers cette oeuvre épistolaire paru en 1782, l'auteur stigmatisait le comportement libertin de la classe aristocratique d'antan. Aujourd’hui mise en scène par l'ivoirien Fargass Assandé avec des interprètes burkinabè comme Odile Sankara, la pièce participe, selon le Directeur du CCF, de l'abolition des frontières.
Après Ouagadougou et Bobo-Dioulasso au Burkina Faso, les autres coproducteurs de la pièces que sont le CCF de Bamako, le centre culturel franco-nigérien de Niamey et le Dionysos-la Scène conventionnée de Cahors en France accueilleront le spectacle.
mardi 27 janvier 2009
Sylvain Dando Paré le tutoyeur de la basse
« La musique m’a appelé »
Bassiste, auteur, compositeur, arrangeur et producteur, Sylvain Dando Paré à plus
d ‘une corde à son arc. Depuis sa première scène en 1991, il se bat de toutes ses forces malgré les écueils pour rendre à l’instrumentiste la place qu’il mérite. Cet adepte de la musique vivante est un véritable rassembleur.
Sylvain a beaucoup sillonné le Burkina Faso pour raison de service de son papa douanier. Cela enrichit ses compositions aujourd’hui. Il extériorise tous ces sons enfouis en lui depuis sa prime enfance. Il a découvert la musique grâce à son père qui jouait à la guitare. L’ami et collègue de son papa, Seydou Diallo, lui faisait écouter Georges Ouédraogo, Steel Pulse et bien d’autres. C’est ainsi que le virus de la musique le prend. Sylvain est arrivé à basse parce qu’il cassait régulièrement les deux premières cordes de la guitare. Aujourd’hui, il fait parti des meilleurs bassistes de la sous région. Qui ne se rappelle pas de ses notes et arrangement sur le titre « Bétaro » de Djata Ilebou ?
Tout n’a pourtant pas été facile pour ce monsieur au sourire contagieux. Troisième fils d’une famille qui en compte sept, Sylvain a quitté les siens et l’école à l’age de 16 ans à la suite du dégagement de son père sous la Révolution. Il avait peur de voir un jour l’équilibre d’une famille qu’il avait connu harmonieuse s’ébranler. Refusant de devenir délinquant, il part à la rencontre avec lui même. « C’est ainsi que la musique m’appelé » dit-il.
Sylvain a été à la base de la création de nombreux groupes musicaux. Mais il est chagriné de voir ces groupes se décomposer chaque fois qu’un membre part avec une femme blanche, croyant avoir trouver la solution. Il est peiné de voir tous ces instrumentistes de talents incapables de construire ensemble : « Nous avons créer trop de groupes qui, sans ambitions ne sont pas arrivés à aller au bout de leurs rêves ».
En plus de tous les grands noms de la musique burkinabé qu’il a accompagnés, il a aussi joué avec Irénée Granier (Italie) et l’immense percussionniste Indien Achiva Mani. Ceux qui ont fréquenté le village du festival cette année, ont dû voir ce monsieur tutoyer la guitare basse tous les soirs avec dextérité.
La plus belle chose qui lui soit arrivée depuis le début de sa carrière en 1991, c’est sa rencontre avec Etienne M’Bappé cet icône camerounaise de la basse. Sylvain veut jouer un jour comme Etienne qui lui a d’ailleurs donné sa guitare estampillée à son nom. Il est prêt à dire à qui veut l’entendre que « Le Burkina Faso est plein d’instrumentistes de talent. Le Ministère de la culture pourrait décider de lancer la carrière internationale de 5 artistes chaque 2 ans. Cela serait plus profitable à la musique burkinabé que ce qui se passe aujourd’hui ». Selon lui si les gens sont moins pressés et s’il y’a plus de résidences de création, notre musique connaîtra un bel essor. En plus des plats comme le to et le haricot qu’il affectionne, Sylvain aime combiner les instruments traditionnels des terroirs goin, bwa, san et gulmace qu’il connaît bien. Il veut aussi conquérir la planète. Car comme il le dit « un artiste qui ne tourne pas, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas ».
Père d’un enfant, Sylvain est un cœur à prendre, car la basse, la nage et les causeries entre amis qu’il aime n’ont pas pris tout son cœur. Avis aux intéressées.
Il a donné un spectacle jeudi 22 mai dernier au Jardin de la musique Reemdoogo, en hommage à son père et Seydou Diallo qui ont semé en lui le germe de la musique. Tout cela en attendant la sortie du premier album qu’il dirige en tant que producteur.
Bassiste, auteur, compositeur, arrangeur et producteur, Sylvain Dando Paré à plus
d ‘une corde à son arc. Depuis sa première scène en 1991, il se bat de toutes ses forces malgré les écueils pour rendre à l’instrumentiste la place qu’il mérite. Cet adepte de la musique vivante est un véritable rassembleur.Sylvain a beaucoup sillonné le Burkina Faso pour raison de service de son papa douanier. Cela enrichit ses compositions aujourd’hui. Il extériorise tous ces sons enfouis en lui depuis sa prime enfance. Il a découvert la musique grâce à son père qui jouait à la guitare. L’ami et collègue de son papa, Seydou Diallo, lui faisait écouter Georges Ouédraogo, Steel Pulse et bien d’autres. C’est ainsi que le virus de la musique le prend. Sylvain est arrivé à basse parce qu’il cassait régulièrement les deux premières cordes de la guitare. Aujourd’hui, il fait parti des meilleurs bassistes de la sous région. Qui ne se rappelle pas de ses notes et arrangement sur le titre « Bétaro » de Djata Ilebou ?
Tout n’a pourtant pas été facile pour ce monsieur au sourire contagieux. Troisième fils d’une famille qui en compte sept, Sylvain a quitté les siens et l’école à l’age de 16 ans à la suite du dégagement de son père sous la Révolution. Il avait peur de voir un jour l’équilibre d’une famille qu’il avait connu harmonieuse s’ébranler. Refusant de devenir délinquant, il part à la rencontre avec lui même. « C’est ainsi que la musique m’appelé » dit-il.
Sylvain a été à la base de la création de nombreux groupes musicaux. Mais il est chagriné de voir ces groupes se décomposer chaque fois qu’un membre part avec une femme blanche, croyant avoir trouver la solution. Il est peiné de voir tous ces instrumentistes de talents incapables de construire ensemble : « Nous avons créer trop de groupes qui, sans ambitions ne sont pas arrivés à aller au bout de leurs rêves ».
En plus de tous les grands noms de la musique burkinabé qu’il a accompagnés, il a aussi joué avec Irénée Granier (Italie) et l’immense percussionniste Indien Achiva Mani. Ceux qui ont fréquenté le village du festival cette année, ont dû voir ce monsieur tutoyer la guitare basse tous les soirs avec dextérité.
La plus belle chose qui lui soit arrivée depuis le début de sa carrière en 1991, c’est sa rencontre avec Etienne M’Bappé cet icône camerounaise de la basse. Sylvain veut jouer un jour comme Etienne qui lui a d’ailleurs donné sa guitare estampillée à son nom. Il est prêt à dire à qui veut l’entendre que « Le Burkina Faso est plein d’instrumentistes de talent. Le Ministère de la culture pourrait décider de lancer la carrière internationale de 5 artistes chaque 2 ans. Cela serait plus profitable à la musique burkinabé que ce qui se passe aujourd’hui ». Selon lui si les gens sont moins pressés et s’il y’a plus de résidences de création, notre musique connaîtra un bel essor. En plus des plats comme le to et le haricot qu’il affectionne, Sylvain aime combiner les instruments traditionnels des terroirs goin, bwa, san et gulmace qu’il connaît bien. Il veut aussi conquérir la planète. Car comme il le dit « un artiste qui ne tourne pas, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas ».
Père d’un enfant, Sylvain est un cœur à prendre, car la basse, la nage et les causeries entre amis qu’il aime n’ont pas pris tout son cœur. Avis aux intéressées.
Il a donné un spectacle jeudi 22 mai dernier au Jardin de la musique Reemdoogo, en hommage à son père et Seydou Diallo qui ont semé en lui le germe de la musique. Tout cela en attendant la sortie du premier album qu’il dirige en tant que producteur.
vendredi 23 janvier 2009
Obscur Jaffar : « L’Afrikslam parle au nom de l’Afrique »
Entretien réalisé par Hamidou Valian
Samedi 17 janvier, Afrikslam, la locomotive de la scène slam burkinabé était en concert au Centre Culturel Français/Georges Méliès à Ouagadougou. Le slam est devenu la discipline phare du mouvement hip hop local. Obscur Jaffar, membre du groupe, livre ses impressions d’après spectacle.
Planète Culture : Après avoir assuré la première partie de rappeurs tels que Oxmo Puccino et Disiz La Peste, vous avez aujourd'hui une scène qui vous est entièrement offerte. Comment avez-vous préparé le spectacle?
Obscur Jaffar : On l'a préparé comme on l'a ressenti dans le moment et avec toute la réalité qu'on a vécue. Ce que je peux dire, c'est que nous avons a misé à fond dans le travail comme on l'a toujours fait, et c'était super bien.
Planète Culture : Comment est-ce que vous vous êtes organisés pour les compositions?
Obscur Jaffar : Dans un groupe il faut quelqu'un qui tienne un papier, qui note et règle tout. Donc moi j'avais le papier et je notais les idées, les propositions de texte, les corrections, les suggestions etc. Chacun écrivait son texte et ensemble, on essayait de le modeler. Car nous partons d'une individualité vers une collectivité. Et c'est vrai que L'Afrikslam c'est une collectivité. Mais quand il y'a un texte, c'est un personnage principal qui est mis en avant. Les autres participent pour l'ambiance, les réponses, les affirmations, les conformations etc.
Planète Culture : Comment est-ce que vous avez trouvé la réaction du public, vu que le slam est considéré comme un style nouveau au Faso ?
Obscur Jaffar : Après le concert on a eu des retours. Le public a bien reçu le spectacle. Il a bien compris le spectacle et ça ne peut que faire plaisir et donner de la force pour travailler davantage. C’était au CCF ! Un endroit réputé fréquenté que par des Blancs ! Mais ce soir là, il y’avait bien plus de Noirs que de Blancs.
Planète Culture : On l’a remarqué avec un peu de regrets, Wilfried de Paul qui a commencé avec vous, n’était pas à vos cotés sur scène. Qu’est-ce qui explique cela ?
Obscur Jaffar : Dans L’Afrikslam chacun a une responsabilité et quand tu n’assumes pas la tienne, c’est le banc de touche que tu prends. Ça peut être volontaire ou, je ne vais pas dire une sanction, mais marcher à l’épaule cassée ce n’est pas bon. Willy a décidé de prendre son chemin parce qu’avant L’Afrikslam chacun faisait son truc. L'Afrikslam peut être perçu comme un délire, c'est une expérience et beaucoup plus un esprit. Aujourd'hui L'Afrikslam c'est Busta, S-prix, KPG et Obscur Jaffar mais dans deux mois qui sait? Qui va représenter L’Afrikslam et parler au nom de l’Afrique ? Actuellement nous sommes quatre à le faire mais notre souhait est que demain nos petits reprennent le flambeau.
Planète Culture : Le groupe existe depuis pas mal de temps déjà, mais toujours pas de production discographique. Est-ce que vous prévoyez quelque chose dans ce sens ?
Obscur Jaffar : On fera la discographie pour que les gens aient de la matière chez eux afin de pouvoir l’écouter. Mais ce qui compte le plus pour nous, ce sont les performances et les prestations en live. Cela nous permet de communiquer avec le public en communion. Sinon nous enregistrons depuis l’été dernier et ce sera bientôt prêt.
Planète Culture : Tu peux nous en dire un peu plus ?
Obscur Jaffar : Ce que je peux dire c’est par rapport à la coloration. Il y’aura de l’accordéon, de la flûte, beaucoup de travail vocal ainsi qu’au niveau des textes, de la percussion corporelle etc.
Planète Culture : Certains le définissent le slam comme de la poésie urbaine, d’autres comme un carrefour où on trouve un peu de tout. Que dit Obscur Jaffar ?
Obscur Jaffar : C’est de la poésie tout court ! C’est un art, un travail avec des lettres, des mots. Le slam c’est un carrefour où on rencontre différents genres : rap, théâtre, conte, comédie. D’ailleurs dans L’Afrikslam on des rappeurs, un conteur comique, des chanteurs et chacun apporte ce qu’il a.
Planète Culture : Penses-tu que cette discipline ait un avenir au Burkina Faso ?
Obscur Jaffar : C’est clair ! Moi je fais du slam et il faut que le slam ait un avenir, sinon moi-même je n’en ai pas. Les slameurs de L’Afrikslam qui parlent au nom de l’Afrique non plus, et par conséquent c’est l’Afrique qui n’a pas d’avenir. Nous nous essayons avec notre slam de donner de l’espoir au continent africain et permettre aux gens de percevoir un avenir.
Planète Culture : Vous avez entamé 2009 avec un concert, est-ce qu’on doit s’attendre à d’autres concerts au cours de la nouvelle année ?
Obscur Jaffar : On souhaite que les organisateurs de spectacles nous donnent la main pour qu'on travaille ensemble. Depuis qu'on a décidé de travailler avec les mots, de faire de l'art, on le fait. Mais organiser des spectacles ce n'est pas tout à fait notre travail. Cela dit, nous n’allons pas attendre que quelqu'un nous donne une salle pour organiser un spectacle. On en organisera quand on le voudra en fonction de l'urgence du moment. Car le travail artistique c’est bien mais avant tout, il y'a l'urgence de dire ce qu'on vit.
Samedi 17 janvier, Afrikslam, la locomotive de la scène slam burkinabé était en concert au Centre Culturel Français/Georges Méliès à Ouagadougou. Le slam est devenu la discipline phare du mouvement hip hop local. Obscur Jaffar, membre du groupe, livre ses impressions d’après spectacle.Planète Culture : Après avoir assuré la première partie de rappeurs tels que Oxmo Puccino et Disiz La Peste, vous avez aujourd'hui une scène qui vous est entièrement offerte. Comment avez-vous préparé le spectacle?
Obscur Jaffar : On l'a préparé comme on l'a ressenti dans le moment et avec toute la réalité qu'on a vécue. Ce que je peux dire, c'est que nous avons a misé à fond dans le travail comme on l'a toujours fait, et c'était super bien.
Planète Culture : Comment est-ce que vous vous êtes organisés pour les compositions?
Obscur Jaffar : Dans un groupe il faut quelqu'un qui tienne un papier, qui note et règle tout. Donc moi j'avais le papier et je notais les idées, les propositions de texte, les corrections, les suggestions etc. Chacun écrivait son texte et ensemble, on essayait de le modeler. Car nous partons d'une individualité vers une collectivité. Et c'est vrai que L'Afrikslam c'est une collectivité. Mais quand il y'a un texte, c'est un personnage principal qui est mis en avant. Les autres participent pour l'ambiance, les réponses, les affirmations, les conformations etc.
Planète Culture : Comment est-ce que vous avez trouvé la réaction du public, vu que le slam est considéré comme un style nouveau au Faso ?
Obscur Jaffar : Après le concert on a eu des retours. Le public a bien reçu le spectacle. Il a bien compris le spectacle et ça ne peut que faire plaisir et donner de la force pour travailler davantage. C’était au CCF ! Un endroit réputé fréquenté que par des Blancs ! Mais ce soir là, il y’avait bien plus de Noirs que de Blancs.
Planète Culture : On l’a remarqué avec un peu de regrets, Wilfried de Paul qui a commencé avec vous, n’était pas à vos cotés sur scène. Qu’est-ce qui explique cela ?
Obscur Jaffar : Dans L’Afrikslam chacun a une responsabilité et quand tu n’assumes pas la tienne, c’est le banc de touche que tu prends. Ça peut être volontaire ou, je ne vais pas dire une sanction, mais marcher à l’épaule cassée ce n’est pas bon. Willy a décidé de prendre son chemin parce qu’avant L’Afrikslam chacun faisait son truc. L'Afrikslam peut être perçu comme un délire, c'est une expérience et beaucoup plus un esprit. Aujourd'hui L'Afrikslam c'est Busta, S-prix, KPG et Obscur Jaffar mais dans deux mois qui sait? Qui va représenter L’Afrikslam et parler au nom de l’Afrique ? Actuellement nous sommes quatre à le faire mais notre souhait est que demain nos petits reprennent le flambeau.
Planète Culture : Le groupe existe depuis pas mal de temps déjà, mais toujours pas de production discographique. Est-ce que vous prévoyez quelque chose dans ce sens ?
Obscur Jaffar : On fera la discographie pour que les gens aient de la matière chez eux afin de pouvoir l’écouter. Mais ce qui compte le plus pour nous, ce sont les performances et les prestations en live. Cela nous permet de communiquer avec le public en communion. Sinon nous enregistrons depuis l’été dernier et ce sera bientôt prêt.
Planète Culture : Tu peux nous en dire un peu plus ?
Obscur Jaffar : Ce que je peux dire c’est par rapport à la coloration. Il y’aura de l’accordéon, de la flûte, beaucoup de travail vocal ainsi qu’au niveau des textes, de la percussion corporelle etc.
Planète Culture : Certains le définissent le slam comme de la poésie urbaine, d’autres comme un carrefour où on trouve un peu de tout. Que dit Obscur Jaffar ?
Obscur Jaffar : C’est de la poésie tout court ! C’est un art, un travail avec des lettres, des mots. Le slam c’est un carrefour où on rencontre différents genres : rap, théâtre, conte, comédie. D’ailleurs dans L’Afrikslam on des rappeurs, un conteur comique, des chanteurs et chacun apporte ce qu’il a.
Planète Culture : Penses-tu que cette discipline ait un avenir au Burkina Faso ?
Obscur Jaffar : C’est clair ! Moi je fais du slam et il faut que le slam ait un avenir, sinon moi-même je n’en ai pas. Les slameurs de L’Afrikslam qui parlent au nom de l’Afrique non plus, et par conséquent c’est l’Afrique qui n’a pas d’avenir. Nous nous essayons avec notre slam de donner de l’espoir au continent africain et permettre aux gens de percevoir un avenir.
Planète Culture : Vous avez entamé 2009 avec un concert, est-ce qu’on doit s’attendre à d’autres concerts au cours de la nouvelle année ?
Obscur Jaffar : On souhaite que les organisateurs de spectacles nous donnent la main pour qu'on travaille ensemble. Depuis qu'on a décidé de travailler avec les mots, de faire de l'art, on le fait. Mais organiser des spectacles ce n'est pas tout à fait notre travail. Cela dit, nous n’allons pas attendre que quelqu'un nous donne une salle pour organiser un spectacle. On en organisera quand on le voudra en fonction de l'urgence du moment. Car le travail artistique c’est bien mais avant tout, il y'a l'urgence de dire ce qu'on vit.
mercredi 21 janvier 2009
Logement au Burkina : L’Etat va-t-il contrôler les loyers ?
L’Assemblée nationale a adopté le 20 novembre 2008, une loi régissant la promotion immobilière au Burkina. Présentée par le député Oumarou Paré au nom de la Commission du développement économique et de l’environnement, (CODE), cette nouvelle loi qui a été votée à l’unanimité des députés vient combler un vide juridique en matière de promotion immobilière dans notre pays.
En clair, elle vise à susciter une sorte de "boom du logement" au Burkina, en accordant un certain nombre d’avantages fiscaux et fonciers aux agences privées de promotion immobilière, à les inciter à davantage s’investir dans la construction de logements sociaux. Pour le ministre Vincent T. Dabilgou qui a défendu le projet de loi à l’hémicycle, il s’agit d’accroître l’offre de logements, pour faire face à la "pression de la demande". Mais déjà, la nouvelle loi, telle que votée par la représentation nationale, n’est pas vue d’un bon oeil par certaines agences immobilières qui redoutent la création à la pelle "d’agences accidentelles".
Plus de la moitié de la population mondiale vit en ville, depuis le début du XXIe siècle. Et cette urbanisation évolue de façon exponentielle et irréversible, avec son corollaire de difficultés. En toile de fond, l’on a la question du logement. A l’instar de la plupart des pays africains, le Burkina est dans l’ère de cette urbanisation galopante. Et la situation s’annonce plus préoccupante à l’orée des deux prochaines décennies. Car des études prospectives indiquent qu’à l’horizon 2030, plus de 3 millions de Burkinabè vivront dans la seule ville de Ouagadougou, et plus d’un million à Bobo Dioulasso, la seconde ville du pays.
Avec une telle population, la problématique du logement va s’ériger en difficulté majeure pour les citadins, et en casse-tête chinois pour l’Etat à qui échoit le devoir de satisfaire les besoins en logements accessibles à toutes les couches de la population urbaine. Il y a quelques années, le gouvernement burkinabè avait entrepris des lotissements massifs, la réalisation de cités résidentielles, la production de parcelles viabilisées, etc., dans l’optique de répondre aux besoins en logements qui se posent aujourd’hui.
Mais le constat est que ces efforts sont restés en deçà des besoins des populations qui éprouvent toujours des difficultés à se trouver un logement décent. D’où la nécessité de libéraliser le secteur immobilier, voire encourager l’implication des promoteurs privés capables d’appuyer l’Etat dans l’accroissement de l’offre de logements. Jusqu’en novembre 2008, les agences immobilières relevant du secteur privé exerçaient sans un véritable encadrement juridique, ce qui a engendré une confusion dans l’exercice de l’activité. Avec la nouvelle politique de promotion immobilière, il s’est avéré important et prioritaire que le marché immobilier burkinabè soit régi par des lois et des mécanismes de fonctionnement précis.
C’est à cette fin que le gouvernement a, de concert avec l’ensemble des acteurs du secteur, élaboré un projet de loi soumis à l’Assemblée nationale, dont l’esprit et la lettre visent l’éradication des facteurs entravant l’émergence véritable de l’activité de promotion immobilière. En favorisant l’émergence de structures conséquentes agissant dans le secteur de la promotion immobilière, cette nouvelle loi qui a été présentée à l’hémicycle et adoptée le 20 novembre dernier à l’unanimité des députés, vise à offrir aux populations des logements et un cadre de vie décents. En même temps, elle précise les conditions d’exercice des activités de promotion immobilière et définit les conditions de production du logement social.
Avantages fiscaux et fonciers aux agences
En clair, la nouvelle loi accorde un certain nombre d’avantages fiscaux et fonciers aux promoteurs d’agences immobilières. "C’est du social", résume Yombi Ouédraogo, juriste au ministère de l’Habitat et de l’urbanisme, qui indique que le contexte d’avant ne permettait pas aux petits opérateurs économiques d’exercer dans l’immobilier en raison des impôts, des taxes et surtout du coût très élevé des parcelles. L’article 30 de la nouvelle loi sur l’immobilier accorde une minoration du prix du terrain du domaine foncier de l’Etat ou de ses démembrements aux sociétés de promotion immobilière. Les modalités d’octroi de cette minoration, ainsi que l’indique l’article 35, sont régies par un décret pris en Conseil des ministres.
L’on retient toutefois que le taux de la minoration varie en fonction du lieu d’investissement et est dégressif en fonction de l’importance de la ville. Toujours au titre des avantages spécifiques, la loi accorde aux promoteurs immobiliers une exonération fiscale substantielle et un allégement de taxes sur les principaux matériaux de construction dont la liste est précisée par arrêté conjoint des ministres en charge de l’Habitat, des Finances et du Commerce. L’éligibilité des promoteurs immobiliers aux avantages ci-dessus cités (dont les modalités d’attribution sont à déterminer par un décret pris en Conseil des ministres), est subordonnée, entre autres conditionnalités, au respect du pourcentage de logements sociaux à réaliser ; un pourcentage qui est lui aussi déterminé par les ministères en charge de l’Habitat, de l’Action sociale, de l’Administration territoriale et des Finances.
La nouvelle loi prévoit, à son article 37, des sanctions fermes contre les promoteurs immobiliers qui se seraient rendus coupables de détournement des avantages accordés. Il s’agit notamment du retrait d’agrément et de la suspension desdits avantages. Les projets immobiliers approuvés par le gouvernement feront l’objet de mécanismes appropriés de suivi et de contrôle par les structures appropriées tel que le Laboratoire national du bâtiment et des travaux publics (LNBTP). La direction de la promotion de l’Habitat et du logement créée au sein du ministère de l’Habitat est chargée de valider les études techniques de promoteurs immobiliers et de suivre la qualité de la réalisation des constructions sur le terrain. Une loi régissant la promotion immobilière au pays des Hommes intègres est ainsi adoptée. Il était temps, serait-on tenté de dire.
Car dans la sous-région, le Burkina n’est pas pionnier dans le domaine, selon le directeur des études et de la planification (DEP) du ministère de l’Habitat. Léon Paul Toé précise même que notre pays est largement en retard par rapport à ses voisins tels que la Côte d’Ivoire, le Bénin le Sénégal, et surtout le Mali dont l’expérience aurait beaucoup inspiré l’élaboration du projet de loi sur la promotion immobilière au Faso. Au Mali, sont déjà constituées plus d’une soixantaine de sociétés immobilières réunies au sein d’une fédération, à en croire le DEP du ministère de l’Habitat. Mais chez nous, on n’en connaît que quelques-unes, à peine une dizaine, peut-être moins. Il n’y a même pas de chiffres officiels, car celles-ci ont jusque-là évolué dans l’informel, sans le moindre encadrement juridique, et ont de fait presque échappé au contrôle de l’Etat. Parmi elles, il y a l’agence AZIMO (Aliz immobilier SA) qui s’investit depuis des années, dans la production de "logements économiques" de moyen et de haut standing destinés à la vente au comptant ou par voie de contrat de location-vente.
Le directeur des affaires juridiques, du recouvrement et du contentieux de cette société, Karim Ouattara, salue l’adoption de la nouvelle loi, mais y voit une porte ouverte vers la création de "sociétés immobilières accidentelles". "Ce n’est pas parce qu’on n’a rien à faire avec son argent qu’il faut, par le biais de la nouvelle loi, et au regard des droits qu’elle confère, faire de l’immobilier un domaine d’investissement", prévient-il. Pour lui, il aurait plutôt fallu consolider les sociétés existantes qui sont déjà pétries d’expérience, afin qu’elles puissent apporter leur expertise qui n’est pas négligeable. "Avec l’ouverture qu’offre la loi sur la promotion immobilière, regrette-t-il, l’on court le risque d’en arriver à l’avènement de la débrouillardise dans l’immobilier, avec à la clef, la production de logements en banco".
Comme solutions à l’augmentation de l’offre du logement, M. Ouattara propose la privatisation des opérations de lotissement. Cela aurait permis, d’après lui, d’éviter les arnaques, et les mouvements de mécontentements que suscitent les opérations de lotissement dans les villes du Burkina. En outre, il faut noter que dans la politique nationale de l’habitat et du développement urbain, adoptée en Conseil des ministres le 7 mai 2008, il est prévu une assistance technique à l’auto-construction et aux acteurs du logement locatif. Cela se fera à travers la mise à disposition de plans types et un appui-conseil dans toutes les étapes d’exécution des projets de logements, notamment locatifs. Il est en outre prévu la mise à jour d’indicateurs sur le logement ainsi que le suivi de l’évolution des prix dans les domaines du logement.
Par Paul-Miki ROAMBA
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La nouvelle loi vue par le ministre Vincent T. Dabilgou
"Nous sommes dans un contexte marqué par une pression de la demande de logement, avec une offre très insuffisante. Or, comme vous le savez, la question de l’habitat est d’une très grande importance, c’est un enjeu majeur de lutte contre la pauvreté et de cohésion sociale. L’adoption de la loi régissant la promotion immobilière dans notre pays va accroître l’offre de logement. Le gouvernement a lancé un programme "10 000 logements sociaux" qui s’intéresse spécifiquement aux ménages les plus faibles, parce que c’est du social. Mais le gouvernement à lui tout seul ne peut pas satisfaire la demande. C’est pourquoi il faut créer les conditions pour que le privé puisse appuyer les actions portées par le gouvernement, dans le cadre un bon partenariat public-privé. C’est pourquoi cette loi vise à inciter véritablement l’ensemble des opérateurs économiques qui veulent s’organiser mais qui faisaient face à un vide juridique, organisationnel et réglementaire. Je suis donc satisfait et persuadé que cette loi va créer des conditions pour l’émergence du secteur privé dans le domaine immobilier, à même de pouvoir appuyer les efforts du gouvernement pour satisfaire l’offre par rapport à une demande de plus en plus exigeante et de plus en plus diversifiée sur l’ensemble du pays".
Le parc de logement du Burkina
De source proche du ministère de l’Habitat, le parc du logement au Burkina est constitué à plus de 90% par l’auto-construction. A ce jour, le nombre de logements produits par l’Etat est estimé à 5 000. A côté de cela, il y a la contribution des promoteurs privés qui est estimée à environ 4000 logements. En matière d’offre actuelle, on peut citer le programme "10 000 logements sociaux" en cours de réalisation ainsi que d’autres projets initiés par certains promoteurs privés.
Où en est-on avec les 10 000 logements sociaux ?
La campagne d’inscription au programme 10 000 logements sociaux qui s’est déroulée de janvier à avril 2008 a permis d’enregistrer exactement 28 189 souscriptions sur l’ensemble du territoire national. Le 12 juillet 2008, 144 logements de la tranche pilote ont été attribués. Avec l’affectation budgétaire annuelle de 2 milliards de F CFA, les travaux de construction de 264 logements sont en cours à Ouagadougou, Bobo Dioulasso, Fada N’Gourma et Koudougou. Le taux d’exécution des chantiers était estimé à plus de 70% en fin décembre 2008. La tranche 2009 concernera la construction de 3000 logements dans tous les chefs-lieux de région. Les sites pour la réalisation de ces logements sont déjà identifiés et les premiers appels d’offres seront lancés en janvier 2009.
Propos recueillis par Paul-Miki ROAMBA
Le Pays
En clair, elle vise à susciter une sorte de "boom du logement" au Burkina, en accordant un certain nombre d’avantages fiscaux et fonciers aux agences privées de promotion immobilière, à les inciter à davantage s’investir dans la construction de logements sociaux. Pour le ministre Vincent T. Dabilgou qui a défendu le projet de loi à l’hémicycle, il s’agit d’accroître l’offre de logements, pour faire face à la "pression de la demande". Mais déjà, la nouvelle loi, telle que votée par la représentation nationale, n’est pas vue d’un bon oeil par certaines agences immobilières qui redoutent la création à la pelle "d’agences accidentelles".
Plus de la moitié de la population mondiale vit en ville, depuis le début du XXIe siècle. Et cette urbanisation évolue de façon exponentielle et irréversible, avec son corollaire de difficultés. En toile de fond, l’on a la question du logement. A l’instar de la plupart des pays africains, le Burkina est dans l’ère de cette urbanisation galopante. Et la situation s’annonce plus préoccupante à l’orée des deux prochaines décennies. Car des études prospectives indiquent qu’à l’horizon 2030, plus de 3 millions de Burkinabè vivront dans la seule ville de Ouagadougou, et plus d’un million à Bobo Dioulasso, la seconde ville du pays.
Avec une telle population, la problématique du logement va s’ériger en difficulté majeure pour les citadins, et en casse-tête chinois pour l’Etat à qui échoit le devoir de satisfaire les besoins en logements accessibles à toutes les couches de la population urbaine. Il y a quelques années, le gouvernement burkinabè avait entrepris des lotissements massifs, la réalisation de cités résidentielles, la production de parcelles viabilisées, etc., dans l’optique de répondre aux besoins en logements qui se posent aujourd’hui.
Mais le constat est que ces efforts sont restés en deçà des besoins des populations qui éprouvent toujours des difficultés à se trouver un logement décent. D’où la nécessité de libéraliser le secteur immobilier, voire encourager l’implication des promoteurs privés capables d’appuyer l’Etat dans l’accroissement de l’offre de logements. Jusqu’en novembre 2008, les agences immobilières relevant du secteur privé exerçaient sans un véritable encadrement juridique, ce qui a engendré une confusion dans l’exercice de l’activité. Avec la nouvelle politique de promotion immobilière, il s’est avéré important et prioritaire que le marché immobilier burkinabè soit régi par des lois et des mécanismes de fonctionnement précis.
C’est à cette fin que le gouvernement a, de concert avec l’ensemble des acteurs du secteur, élaboré un projet de loi soumis à l’Assemblée nationale, dont l’esprit et la lettre visent l’éradication des facteurs entravant l’émergence véritable de l’activité de promotion immobilière. En favorisant l’émergence de structures conséquentes agissant dans le secteur de la promotion immobilière, cette nouvelle loi qui a été présentée à l’hémicycle et adoptée le 20 novembre dernier à l’unanimité des députés, vise à offrir aux populations des logements et un cadre de vie décents. En même temps, elle précise les conditions d’exercice des activités de promotion immobilière et définit les conditions de production du logement social.
Avantages fiscaux et fonciers aux agences
En clair, la nouvelle loi accorde un certain nombre d’avantages fiscaux et fonciers aux promoteurs d’agences immobilières. "C’est du social", résume Yombi Ouédraogo, juriste au ministère de l’Habitat et de l’urbanisme, qui indique que le contexte d’avant ne permettait pas aux petits opérateurs économiques d’exercer dans l’immobilier en raison des impôts, des taxes et surtout du coût très élevé des parcelles. L’article 30 de la nouvelle loi sur l’immobilier accorde une minoration du prix du terrain du domaine foncier de l’Etat ou de ses démembrements aux sociétés de promotion immobilière. Les modalités d’octroi de cette minoration, ainsi que l’indique l’article 35, sont régies par un décret pris en Conseil des ministres.
L’on retient toutefois que le taux de la minoration varie en fonction du lieu d’investissement et est dégressif en fonction de l’importance de la ville. Toujours au titre des avantages spécifiques, la loi accorde aux promoteurs immobiliers une exonération fiscale substantielle et un allégement de taxes sur les principaux matériaux de construction dont la liste est précisée par arrêté conjoint des ministres en charge de l’Habitat, des Finances et du Commerce. L’éligibilité des promoteurs immobiliers aux avantages ci-dessus cités (dont les modalités d’attribution sont à déterminer par un décret pris en Conseil des ministres), est subordonnée, entre autres conditionnalités, au respect du pourcentage de logements sociaux à réaliser ; un pourcentage qui est lui aussi déterminé par les ministères en charge de l’Habitat, de l’Action sociale, de l’Administration territoriale et des Finances.
La nouvelle loi prévoit, à son article 37, des sanctions fermes contre les promoteurs immobiliers qui se seraient rendus coupables de détournement des avantages accordés. Il s’agit notamment du retrait d’agrément et de la suspension desdits avantages. Les projets immobiliers approuvés par le gouvernement feront l’objet de mécanismes appropriés de suivi et de contrôle par les structures appropriées tel que le Laboratoire national du bâtiment et des travaux publics (LNBTP). La direction de la promotion de l’Habitat et du logement créée au sein du ministère de l’Habitat est chargée de valider les études techniques de promoteurs immobiliers et de suivre la qualité de la réalisation des constructions sur le terrain. Une loi régissant la promotion immobilière au pays des Hommes intègres est ainsi adoptée. Il était temps, serait-on tenté de dire.
Car dans la sous-région, le Burkina n’est pas pionnier dans le domaine, selon le directeur des études et de la planification (DEP) du ministère de l’Habitat. Léon Paul Toé précise même que notre pays est largement en retard par rapport à ses voisins tels que la Côte d’Ivoire, le Bénin le Sénégal, et surtout le Mali dont l’expérience aurait beaucoup inspiré l’élaboration du projet de loi sur la promotion immobilière au Faso. Au Mali, sont déjà constituées plus d’une soixantaine de sociétés immobilières réunies au sein d’une fédération, à en croire le DEP du ministère de l’Habitat. Mais chez nous, on n’en connaît que quelques-unes, à peine une dizaine, peut-être moins. Il n’y a même pas de chiffres officiels, car celles-ci ont jusque-là évolué dans l’informel, sans le moindre encadrement juridique, et ont de fait presque échappé au contrôle de l’Etat. Parmi elles, il y a l’agence AZIMO (Aliz immobilier SA) qui s’investit depuis des années, dans la production de "logements économiques" de moyen et de haut standing destinés à la vente au comptant ou par voie de contrat de location-vente.
Le directeur des affaires juridiques, du recouvrement et du contentieux de cette société, Karim Ouattara, salue l’adoption de la nouvelle loi, mais y voit une porte ouverte vers la création de "sociétés immobilières accidentelles". "Ce n’est pas parce qu’on n’a rien à faire avec son argent qu’il faut, par le biais de la nouvelle loi, et au regard des droits qu’elle confère, faire de l’immobilier un domaine d’investissement", prévient-il. Pour lui, il aurait plutôt fallu consolider les sociétés existantes qui sont déjà pétries d’expérience, afin qu’elles puissent apporter leur expertise qui n’est pas négligeable. "Avec l’ouverture qu’offre la loi sur la promotion immobilière, regrette-t-il, l’on court le risque d’en arriver à l’avènement de la débrouillardise dans l’immobilier, avec à la clef, la production de logements en banco".
Comme solutions à l’augmentation de l’offre du logement, M. Ouattara propose la privatisation des opérations de lotissement. Cela aurait permis, d’après lui, d’éviter les arnaques, et les mouvements de mécontentements que suscitent les opérations de lotissement dans les villes du Burkina. En outre, il faut noter que dans la politique nationale de l’habitat et du développement urbain, adoptée en Conseil des ministres le 7 mai 2008, il est prévu une assistance technique à l’auto-construction et aux acteurs du logement locatif. Cela se fera à travers la mise à disposition de plans types et un appui-conseil dans toutes les étapes d’exécution des projets de logements, notamment locatifs. Il est en outre prévu la mise à jour d’indicateurs sur le logement ainsi que le suivi de l’évolution des prix dans les domaines du logement.
Par Paul-Miki ROAMBA
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La nouvelle loi vue par le ministre Vincent T. Dabilgou
"Nous sommes dans un contexte marqué par une pression de la demande de logement, avec une offre très insuffisante. Or, comme vous le savez, la question de l’habitat est d’une très grande importance, c’est un enjeu majeur de lutte contre la pauvreté et de cohésion sociale. L’adoption de la loi régissant la promotion immobilière dans notre pays va accroître l’offre de logement. Le gouvernement a lancé un programme "10 000 logements sociaux" qui s’intéresse spécifiquement aux ménages les plus faibles, parce que c’est du social. Mais le gouvernement à lui tout seul ne peut pas satisfaire la demande. C’est pourquoi il faut créer les conditions pour que le privé puisse appuyer les actions portées par le gouvernement, dans le cadre un bon partenariat public-privé. C’est pourquoi cette loi vise à inciter véritablement l’ensemble des opérateurs économiques qui veulent s’organiser mais qui faisaient face à un vide juridique, organisationnel et réglementaire. Je suis donc satisfait et persuadé que cette loi va créer des conditions pour l’émergence du secteur privé dans le domaine immobilier, à même de pouvoir appuyer les efforts du gouvernement pour satisfaire l’offre par rapport à une demande de plus en plus exigeante et de plus en plus diversifiée sur l’ensemble du pays".
Le parc de logement du Burkina
De source proche du ministère de l’Habitat, le parc du logement au Burkina est constitué à plus de 90% par l’auto-construction. A ce jour, le nombre de logements produits par l’Etat est estimé à 5 000. A côté de cela, il y a la contribution des promoteurs privés qui est estimée à environ 4000 logements. En matière d’offre actuelle, on peut citer le programme "10 000 logements sociaux" en cours de réalisation ainsi que d’autres projets initiés par certains promoteurs privés.
Où en est-on avec les 10 000 logements sociaux ?
La campagne d’inscription au programme 10 000 logements sociaux qui s’est déroulée de janvier à avril 2008 a permis d’enregistrer exactement 28 189 souscriptions sur l’ensemble du territoire national. Le 12 juillet 2008, 144 logements de la tranche pilote ont été attribués. Avec l’affectation budgétaire annuelle de 2 milliards de F CFA, les travaux de construction de 264 logements sont en cours à Ouagadougou, Bobo Dioulasso, Fada N’Gourma et Koudougou. Le taux d’exécution des chantiers était estimé à plus de 70% en fin décembre 2008. La tranche 2009 concernera la construction de 3000 logements dans tous les chefs-lieux de région. Les sites pour la réalisation de ces logements sont déjà identifiés et les premiers appels d’offres seront lancés en janvier 2009.
Propos recueillis par Paul-Miki ROAMBA
Le Pays
samedi 17 janvier 2009
Adieu Paris
Une formidable orchestration
A l'entrée de la salle de spectacle, vous êtes accueilli par la voix mélancolique d'un rasta chantant « Jah Rastafari ». Plus loin c'est l'impressionnant Yerbanga Lucien dans le rôle de Yombo qui vous accueille. Enchaîné à deux barres de fer, ses yeux ne clignotent pas, on croirait avoir à faire à une statut. La scène sous forme de barque cache mal la Tour Eiffel au fond de la scène. Le décor est planté. Il s'agit encore d'une histoire France-Afrique, sauf qu'ici il ne s'agit pas là d'être politiquement correct. Il s'agit de faire ses adieux à Paris après avoir subit toutes sortes d'humiliations généralement dues aux préjugés persistants aussi bien chez ceux qui reçoivent que ceux qui sont reçus.
Il faut dire que Abidine a vraiment trouvé, dans la mise en scène formidable de sa comédie musicale, une manière originale de parler de ces questions qui font mal.
L'histoire : jadis tranquille avec ses divinités, l'Afrique sera déchirée par sa rencontre avec l'Europe. Certains de ses fils aveuglés par la cupidité et le gain facile pillent et vendent leurs frères et les richesses culturelles. Ses divinités dont Yombo, improprement appelées « fétiches » deviennent des objets de contemplation dans les musées occidentaux tandis que Dieu des « blancs » s'installe pour longtemps. Petit à petit, le gaulois devient ancêtre des africains. L'Afrique partagée entre aide, soutien et conflits d'intérêts divers, devient le nid de tous les maux de la terre. Sa jeunesse se tourne vers l'eldorado européen qui au fil du temps se révèle être l'enfer. Fatigués, ils vivent un autre déchirement, celui du difficile retour vers la terre mère. Le sacré est spacio-temporel et Yombo parti longtemps avec l'arrivée des blancs doit retourner dans « son milieu naturel » malgré les pénible souvenir de ceux qui l'ont trahi. Cependant, le plus dur pour lui reste la conquête du cœur de toutes ces générations nées après lui. Retour vers la source, mais quelle source ? Les frontières sont de nouvelles réalités qui rendent compliquées la réconciliation entre les enfants et leur « mère Afrique » dont on les a trop tôt sevrés vers une mère qui n'a pas su leur donner la douceur tant miroitée.
Yambo ne rêve que d'une seule résidence. Celle qui pourrait colmater les fissures encore brûlantes appelées frontières et qui sont la cause de bon nombre de malheurs de ses enfants. Cette résidence, c'est le cœur de chacun des fils de la terre mère Afrique.
Cette histoire est rendu digeste grâce à Ouadraogo Aziz ( Francois), Minoungou Noel ( Michael Bigas), Guiguemdé Jean Paul ( Mamadou), et surtout de l'époustouflante Kaboré Safoura ( Miss Eldine) qui va allègrement du rôle de la vieille chinoise à celui de la vieille mossi en passant par celui de l'africaine révoltée et de la fillette harcelée. Il faut dire que ces acteurs ont maîtrisé leur texte et ont su le rendre pour le plaisir des spectateurs qui le leur ont rendu par des applaudissements.
Tout cela au rythme du « ligangari » (tam-tam gulmace) et d'autres tambours. Des percussions qui éveillent beaucoup de souvenirs enfouis dans la mémoire lointaine des enfants d'Afrique.
« Adieu Paris » écrite et mise en scène par Abidine Diaori COULIDIATY est la deuxième (après « Germe de folie », autre merveille) de sa jeune et prometteuse carrière. Au delà de son aspect comique cette pièce interpelle à l'introspection et à la réflexion sur la nature des relations entre l'Afrique et ses partenaires, et aussi et surtout du le rapport des africains à leur continent.
David SANON
A l'entrée de la salle de spectacle, vous êtes accueilli par la voix mélancolique d'un rasta chantant « Jah Rastafari ». Plus loin c'est l'impressionnant Yerbanga Lucien dans le rôle de Yombo qui vous accueille. Enchaîné à deux barres de fer, ses yeux ne clignotent pas, on croirait avoir à faire à une statut. La scène sous forme de barque cache mal la Tour Eiffel au fond de la scène. Le décor est planté. Il s'agit encore d'une histoire France-Afrique, sauf qu'ici il ne s'agit pas là d'être politiquement correct. Il s'agit de faire ses adieux à Paris après avoir subit toutes sortes d'humiliations généralement dues aux préjugés persistants aussi bien chez ceux qui reçoivent que ceux qui sont reçus.
Il faut dire que Abidine a vraiment trouvé, dans la mise en scène formidable de sa comédie musicale, une manière originale de parler de ces questions qui font mal.
L'histoire : jadis tranquille avec ses divinités, l'Afrique sera déchirée par sa rencontre avec l'Europe. Certains de ses fils aveuglés par la cupidité et le gain facile pillent et vendent leurs frères et les richesses culturelles. Ses divinités dont Yombo, improprement appelées « fétiches » deviennent des objets de contemplation dans les musées occidentaux tandis que Dieu des « blancs » s'installe pour longtemps. Petit à petit, le gaulois devient ancêtre des africains. L'Afrique partagée entre aide, soutien et conflits d'intérêts divers, devient le nid de tous les maux de la terre. Sa jeunesse se tourne vers l'eldorado européen qui au fil du temps se révèle être l'enfer. Fatigués, ils vivent un autre déchirement, celui du difficile retour vers la terre mère. Le sacré est spacio-temporel et Yombo parti longtemps avec l'arrivée des blancs doit retourner dans « son milieu naturel » malgré les pénible souvenir de ceux qui l'ont trahi. Cependant, le plus dur pour lui reste la conquête du cœur de toutes ces générations nées après lui. Retour vers la source, mais quelle source ? Les frontières sont de nouvelles réalités qui rendent compliquées la réconciliation entre les enfants et leur « mère Afrique » dont on les a trop tôt sevrés vers une mère qui n'a pas su leur donner la douceur tant miroitée.
Yambo ne rêve que d'une seule résidence. Celle qui pourrait colmater les fissures encore brûlantes appelées frontières et qui sont la cause de bon nombre de malheurs de ses enfants. Cette résidence, c'est le cœur de chacun des fils de la terre mère Afrique.
Cette histoire est rendu digeste grâce à Ouadraogo Aziz ( Francois), Minoungou Noel ( Michael Bigas), Guiguemdé Jean Paul ( Mamadou), et surtout de l'époustouflante Kaboré Safoura ( Miss Eldine) qui va allègrement du rôle de la vieille chinoise à celui de la vieille mossi en passant par celui de l'africaine révoltée et de la fillette harcelée. Il faut dire que ces acteurs ont maîtrisé leur texte et ont su le rendre pour le plaisir des spectateurs qui le leur ont rendu par des applaudissements.
Tout cela au rythme du « ligangari » (tam-tam gulmace) et d'autres tambours. Des percussions qui éveillent beaucoup de souvenirs enfouis dans la mémoire lointaine des enfants d'Afrique.
« Adieu Paris » écrite et mise en scène par Abidine Diaori COULIDIATY est la deuxième (après « Germe de folie », autre merveille) de sa jeune et prometteuse carrière. Au delà de son aspect comique cette pièce interpelle à l'introspection et à la réflexion sur la nature des relations entre l'Afrique et ses partenaires, et aussi et surtout du le rapport des africains à leur continent.
David SANON
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